FMI-Cameroun : la vérité en face!

FMI-Cameroun : la vérité en face!

Depuis l’achèvement du précédent accord d’assistance économique à l’été 2025, les autorités camerounaises s’attellent avec détermination à la négociation d’un nouveau programme triennal avec le Fonds Monétaire International (FMI). Cette démarche stratégique vise notamment à sécuriser de nouveaux appuis budgétaires pour le cadrage 2027-2029. Faut-il pour autant crier au loup et redouter un retour à la case départ des ajustements structurels ?

Le 29 juillet 2021, le Conseil d’administration du FMI approuvait un programme triennal (2021-2024) combinant deux mécanismes majeurs : la Facilité Élargie de Crédit (FEC) et le Mécanisme Élargi de Crédit (MEDC), prolongés jusqu’en juillet 2025 avec l’appui de la Facilité pour la Résilience et la Durabilité (FRD) face aux défis climatiques. Aujourd’hui, alors que le gouvernement négocie la période 2027-2029, des voix dissonantes tentent de jeter l’opprobre sur une démarche parfaitement légitime. On crie au « retour en arrière », 20 ans après l’initiative PPTE, pour distiller dans l’opinion l’image erronée d’un État aux abois, prêt à s’accrocher à la queue d’ un serpent pour se sauver du naufrage.
Ces accusations hors-piste relèvent au mieux de l’amnésie économique, au pire de l’agitation politicienne.

De quoi s’agit-il réellement ?

Comparer le Cameroun de 2006 à celui de 2026 n’a aucun sens structurel : hier, le pays remboursait une dette de fonctionnement stérile ; aujourd’hui, il porte une dette d’investissement, créatrice de valeur et de patrimoine national.

les faits sont têtus !

brandir le chiffre de 15 000 milliards de FCFA de dette de manière anxiogène masque sciemment l’indicateur universel qu’est le ratio dette/PIB. Avec un taux qui oscille autour de 43 %, le Cameroun reste très en deçà du seuil de viabilité fixé à 70 % par la CEMAC. La dette camerounaise est jugée soutenable par l’ensemble des institutions financières internationales, non par magie, mais grâce à une gestion rigoureuse de ses engagements. Quant au concept de Big Push (la grande stratégie d’infrastructures), balayé d’un revers de main par les adeptes du “tout noir ” ou des esprits chagrins, il n’a jamais été une coquetterie, mais une nécessité absolue.

Éléphants blancs ou piliers du développement ?

Comment prétendre industrialiser une nation sans l’énergie produite par les centrales de Kribi, de Memve’ele ou de Nachtigal, et sans le travail de régulation crucial du barrage de Lom Pangar sur la Sanaga ? Comment stimuler l’investissement privé sans le port en eau profonde de Kribi, le dédoublement des axes routiers majeurs ou le deuxième pont sur le Wouri pour fluidifier le cœur économique du pays ? Qualifier ces investissements structurants de « d’ éléphant blanc », c’est ignorer que l’industrialisation exige des socles physiques inébranlables. Sans infrastructures solides, aucun investissement direct étranger (IDE) durable ne s’installe.

Le FMI : partenaire stratégique ou épouvantail ?

Les programmes actuels n’ont donc rien à voir avec les plans d’ajustement structurel subis dans la détresse durant les années 1990. Il s’agit aujourd’hui de facilités économiques négociées d’égal à égal, servant d’effet de levier et d’estampille de crédibilité pour capter des financements internationaux au meilleur coût. Le FMI n’est pas un bourreau : c’est un partenaire de cadrage budgétaire face aux chocs extérieurs majeurs qui secouent la région (crises sécuritaires et sanitaire ,tensions géopolitiques, volatilité des cours des matières premières et aléas climatiques).

Le Cameroun ménage sa monture

Les signaux sont au vert, le cap est fermement maintenu et le Cameroun ne sombre pas : il finance sa modernisation, sécurise la signature financière de l’État et bâtit jour après jour les fondations de son émergence. Si la critique reste légitime, l’économie exige de la rigueur et rejette les raccourcis faciles. Comme le rappelle une grande sagesse : « Critiquer la maison depuis la rue est aisé, mais c’est celui qui tient la truelle qui construit le toit. »
Tous à l’étrier : l’Émergence n’attend pas !

Simon Metsengue

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